Tendance Certains acteurs du droit commencent à se regrouper tandis que d’autres misent entièrement sur la transformation numérique de la filière.

Le 16 janvier dernier, le groupe Septeo annonçait l’acquisition de Legal Suite , éditeur de logiciels juridiques. « Notre ambition est d’entrer dans le top 10 des éditeurs français de logiciels d’ici quatre ans. Par ce rapprochement, et au travers de Legal Suite, nous renforçons notre présence dans les technologies juridiques en nous ouvrant à la fois au marché des grandes entreprises et à l’international », précisait, dans un communiqué, Jean-Luc Boixel, cofondateur du groupe Septeo, leader des technologies au service des professions juridiques libérales en France et en Europe. Un tout nouvel entrant sur ce marché vise, quant à lui, aussi les entreprises du SBF 120 et les ETI  : Seville More Helory, d’abord en référence aux saints patrons d’internet – Isidore de Seville – , de celui des juristes – Thomas de More – et de celui des avocats,  Yves Helory de Kermatin. Sa fenêtre de tir est étroite, car la plupart des plus importantes entreprises françaises ont déjà développé leurs propres solutions. Quant aux ETI, elles se posent encore la question de l’intérêt d’un service juridique interne.

Transformer les fonctions juridiques en vecteur décisif de compétitivité

Présidé par Jean-Marie Valentin, avocat associé cofondateur du cabinet Sekri Valentin Zerrouk – qui pour mener à bien le projet quitte la robe -, Seville More Helory se définit comme « la première société technologique et de service européenne indépendante, dédiée à la transformation digitale des fonctions et des écosystèmes juridiques ». Son ambition est de devenir un acteur européen de la transformation juridique. Mieux, le « customer relationship manager » ou CRM des services juridiques ! « La qualité des services juridiques va dépendre, demain, de la façon dont seront gérées les data et les interfaces entre data et opérationnels. L’entreprise qui maîtrisera le mieux le contexte juridique de ses collaborateurs aura un atout compétitif », explique Jean-Marie Valentin.

L’équipe de huit personnes, composée notamment d’Emilie Letocart-Calame, administratrice de l’Association française des juristes d’entreprise (AFJE) et directeur juridique et des opérations et de Pierre Charreton, président d’honneur de l’AFJE et senior advisor de la nouvelle entreprise, proposera une plate-forme de management des enjeux juridiques. Elle sera composée notamment d’un réseau social et d’un assistant juridique personnalisé – un legal boot – permettant de répondre aux questions juridiques de base. « Notre conviction est que les entreprises vont réaliser un investissement technologique pour le juridique. Nous devons leur apporter les outils digitaux et les aider à exécuter leur transformation technologique », insiste Ghislain d’Aramon, cofondateur et directeur général chargé de la technologie et de la transformation digitale. « Ce processus passe par trois étapes clefs : la définition de la cible, le déploiement de l’outil et l’accompagnement dans la conduite du changement », ajoute-t-il. Reste à savoir si les directions générales, décidant du budget alloué à chaque département, seront réceptives à ces arguments.